Black-out : le roman SF de l’année

Hello les gens ! Comme prévu, le blog de Bragelonne reprend ses activités, qui plus est sous de nouveaux atours (qui évolueront encore).

Pour le premier billet de cette saison 2012/2013, on a décidé de vous reparler de Black-out, l’extraordinaire roman de Connie Willis dont on vous vantait déjà les mérites l’an dernier. Si vous n’avez pas lu les précédentes news sur le sujet, celle-ci vous fera un topo global.

Illustration : © Shutterstock

Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly… Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler. Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?

Vous nous excuserez le titre de ce billet, certes un peu cavalier. Mais en même temps, c’est ainsi que tout le monde qualifiait le livre, l’an dernier, aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Pas de raison qu’il n’en soit pas de même pour le lectorat français. Fort d’une thématique trop peu présente ces temps-ci (le voyage temporel) et de tout le talent de son auteure, la première partie de ce diptyque intitulé Blitz a fait l’objet d’un véritable plébiscite des lecteurs de SF, mais pas que.

La très grande Connie Willis, posant fièrement avec son dernier Hugo Award en date.

D’abord, parce que c’est le dernier-né de l’une des plus grandes auteures du genre. Récemment admise dans le prestigieux «Science Fiction Hall of Fame» qui distingue chaque année des écrivains réputés pour l’excellence de leur œuvre et leur contribution au genre, Connie Willis est une auteure qui ne compte plus les récompenses littéraires (voir plus bas). On citera, parmi ses autres ouvrages, Le Grand Livre, Sans parler du chien, Remake ou encore Les Veilleurs du feu. Autant de merveilles qu’on vous conseille.

Ensuite, parce que ce roman a obtenu les trois principaux prix littéraires décernés chaque année à la science-fiction : les prix Locus, Nebula et Hugo. Le premier est décerné par les lecteurs du magazine éponyme, le deuxième par l’association américaine des auteurs de SFF, le troisième par un jury de professionnels et de fans. Pour un auteur, remporter l’une de ces trois récompenses est déjà un immense honneur. Rafler les trois, une consécration. Mais rares sont les auteurs à avoir remporté les trois statuettes pour le même ouvrage. (Ils sont précisément six.) Après les ouvrages d’Arthur C. Clarke, Lois McMaster Bujold ou encore Neil Gaiman, Blitz est la dernière œuvre en date à avoir réussi ce tour de force, en 2011. La classe intersidérale. (Bien que, pour elle, c’est presque une habitude : toutes catégories confondues, elle est l’heureuse propriétaire de quatre prix Locus, sept Nebula et onze Hugo !)

Black-out est un ouvrage aussi stupéfiant que divertissant. Willis y aborde des thématiques qu’elle maîtrise sur le bout des doigts : le voyage dans le temps et les paradoxes temporels, déjà au cœur du Grand livre et de Sans parler du chien. Sous la plume de cette conteuse hors pair, passé et futur se télescopent une nouvelle fois pour un résultat aussi inquiétant que fascinant. Et ce n’est pas la seule qualité du livre ! Réputée pour son sens du rythme, l’auteure donne tout ce qu’elle a pour faire un grand roman, à la fois spirituel, drôle, poignant et plein de suspense.

Enfin, que les passionnés d’histoire se rassurent. Incroyablement documenté, ce roman de science-fiction est aussi un récit historique sur la Seconde Guerre mondiale, et sur les actions – grandes et petites – des gens ordinaires qui façonnent le cours des événements. Chaque détail sonne juste, révélant le travail de recherche intense mené par l’auteure pour immerger son lecteur au cœur de cette époque charnière, reconstituée avec un vrai souci d’authenticité. Américaine, Connie Willis a rendu un vibrant hommage à l’histoire britannique et aux sujets de Sa Majesté.

Bref, jetez-vous dessus à sa sortie en librairie, dans deux petits jours. Vous nous en direz des nouvelles. (La seconde partie, All Clear, sortira quant à elle en début d’année 2013.)

11 réflexions au sujet de « Black-out : le roman SF de l’année »

  1. « on vous ventait déjà les mérites l’an dernier »
    Vantait non ? 🙂
    Une auteure que je ne connaissais pas, je vais me renseigner davantage sur elle 🙂 merci pour la découverte

  2. J’adore Connie WILLIS. Le grand livre a été pour moi une vraie découverte ! un voyage dans le passé extraordinaire. Sans parler du chien est un plaisir de lecture et de drôlerie. 2 livres sur le voyage dans le passé avec pour chacun un attrait particulier. Il me tarde donc de lire ce nouveau roman. Peu de roman de Willis mais de grande qualité.
    Merci pour cette publication à venir.
    Je suis contente de vous retrouver sur le blog.
    A quand la reprise des sorties en numérique ?

  3. super auteure ! j’attends ce livre avec impatience… plus qu’une journée.
    sans parler du chien est terrible ! le grand livre etant à mon sens trop triste… meme si durant tout le livre certains passages demeurent hillarant.
    le pire dans l’histoire est qu’on devra attendre l’année prochaine pour avoir la fin ! mais quand on aime on ne compte pas… le nombre de mois à attendre !

  4. Oui la parution est d’ailleurs en simultanée papier et numérique ! Que demander de plus.

  5. Connie Willis is an extraordinary writer for me. But still I do like her novels very much.

  6. je viens de le finir à l’instant : un pur régal, du début à la fin….qui tombe comme un couperet, je vais être sur les charbons ardents jusqu’à ce que le deuxième tome soit traduit !
    pour les heureux qui ont lu « le Grand Livre », c’est une « suite » : pour les autres, veinards, vous pouvez dévorer « le Grand Livre » et « Black Out » ! (ou lire « Black Out » indépendamment : ça vous donnera juste l’envie de vous précipiter sur « le Grand Livre » 😉

  7. salut Leoh. Pour ma part je conseille vivement « sans parler du chien » où l’humour est beaucoup plus présent et dans lequel l’époque victorienne y est dépeinte avec précision.
    sinon je viens de terminer black out… et je confirme que l’attente du second tome sera très difficile !

  8. Bonjour

    personnellement, j’ai laché le livre en cours de lecture (à la 3eme page quand même)…
    Aucun rythme, c’est d’une lenteur affligeante, et découpage du roman (le point de vue de 3 personnes successivement) est très laborieux.

    Je déconseille donc !

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