Anno Dracula (1/3) : Et si le vampire avait gagné ?

Pour fêter dignement le centenaire de la disparition de Bram Stocker, nous avons souhaité publier le roman de Kim Newman qui est, selon nous, le plus bel hommage qu’on puisse rendre à l’auteur de Dracula, ainsi que l’un des plus grands romans vampiriques qui soit…

Et c’est aussi un énorme chouchou de la Brage Team. Vous deviez l’avoir compris, au vu des quelques teasers que nous avons mis en ligne. Mais maintenant, on va vous expliquer pourquoi. Dans cette première partie, on va simplement vous décrire l’audacieux décor…

Il y a de fortes chances que vous ayez lu Dracula ou vu au moins une de ses adaptations cinématographiques. Et même si ce n’est pas le cas, le mythe a laissé une telle marque dans notre culture que vous connaissez l’essentiel de l’histoire, notamment sa conclusion: Van Helsing et ses alliés réussissent, non sans sacrifice, à éliminer la créature maléfique. Et c’est là que Newman puise sa première bonne idée. Penchant du côté de l’uchronie, l’auteur anglais imagine la suite de l’histoire, en répondant à cette question : que se serait-il passé si le maléfique comte avait finalement remporté la victoire ?

(On aura plein de choses à vous dire sur cette couverture, aussi !)

Nous sommes en 1888. Les vampires sont sortis de la clandestinité et ont acquis un nouveau statut social. En Grande-Bretagne, ils se sont même hissés à la tête d’une nouvelle aristocratie, grâce aux exploits du Prince de Valachie, Vlad Tepes, plus connu sous le nom de Dracula. Après avoir vaincu Van Helsing et sa troupe, ce dernier a épousé la Reine Victoria et lui a fait don du « baiser ténébreux ». Depuis, il règne en maître absolu sur l’île britannique. Mais un homme menace de déstabiliser le régime…

Le déséquilibré a déjà commis quatre meurtres dans le quartier de Whitechapel, s’attaquant à chaque fois à une prostituée vampire. Parce que Scotland Yard semble impuissant contre lui, le Club Diogène – le service très secret de la Couronne – mandate le jeune Charles Beauregard pour enquêter. Mortel de son état, le gentleman est tiraillé entre son devoir et l’aversion que lui inspirent les suceurs de sang. Mais en faisant équipe avec Geneviève, une vampire plus ancienne que Dracula lui-même, Beauregard réalisera que l’horreur et la folie ne sont pas seulement l’apanage des non-morts. Ensemble, ils traquent celui qu’on appelle « Scalpel d’Argent » ou encore… « Jack ».

Si la capitale de l’Empire britannique nous semble toujours aussi séduisante, c’est parce que la littérature a su en dépeindre les multiples facettes. Cette Londres-ci est fidèle à son modèle d’antan : le théâtre des meurtres de Jack l’Eventreur. À ceci près que la ville d’Anno Dracula est plus sinistre encore, corrompue par la race vampirique qui y a élu domicile. Si tous les nosferatus ne sont pas mauvais, la majorité d’entre eux sont issus de la lignée démente de Son Altesse le Prince Consort. Ici, l’ordre est du côté de la violence et de la cruauté. Mais, au détour d’une ruelle sombre, on retrouve les indices d’une gloire passée. Pas de doute, vous êtes bien dans la cité fétiche de Conan Doyle ou de Neil Gaiman.

Mais revenons à Dracula, justement. « On en parle beaucoup, mais on ne le voit pas vraiment », allez-vous dire, et vous aurez tout à fait raison. Si le nouveau maître de Grande-Bretagne est presque absent du récit (j’ai bien dit « presque »), cela ne l’empêche pas d’être omniprésent. Ce ne sont peut-être pas ses propres yeux qui vous scrutent attentivement, mais il sait tout, et aucun détail ne lui échappe. Vous vous rendrez compte que, depuis son fief de Buckingham Palace, le prince est omnipotent et omniscient. Grâce au talent de Newman, un extraordinaire malaise se dégage de cette présence aussi impalpable que toute-puissante. L’auteur, ce n’est plus un secret, donne à voir la version la plus démoniaque du personnage.

Si vous êtes de ceux qui voient Dracula comme un personnage romantique, façon Coppola… Eh bien passez votre chemin. Mieux : fuyez. Car vous êtes sur le territoire du Prince des Ténèbres.

Dans la deuxième partie de cet article, on s’intéressera plus particulièrement à Kim Newman, ce génie de la littérature fantastique.

Anno Dracula sortira le 26 octobre en librairie. Ne le loupez surtout pas.

9 réflexions au sujet de « Anno Dracula (1/3) : Et si le vampire avait gagné ? »

  1. Ah non ! n’en j’tez plus ! le sublime article accrocheur paru dans Neverland m’a déjà convaincu… comment vais je tenir moi si vous n’avez de cesse de nous titiller ainsi ?

  2. Oh la la, pile alors que ma lecture de « L’Ecole de la Nuit » de Deborah Harkness s’achève, je crois qu’il me faut se livre !!!
    Comment échapper à un nouveau retour dans le temps : je replongerais volontiers dans le Londres du XIXe siècle cette fois-ci, peuplé de vampires y faisant régner la loi ! Un immanquable qui paraît à point nommé : quelques jours avant le 31 octobre 🙂

  3. Anno Dracula a eu droit à une édition poche en 98.
    La nouvelle édition est elle aussi une nouvelle traduction ?

  4. Le texte original était déjà excellent. Donc la traduction est la même. On lui a par contre ajouté des bonus.

  5. Ce serait sympa de prévenir que vous pourriez avoir une publication ebook en gestation…

  6. Vraisemblablement un problème de com… puisque mon post précédent (d’hier) s’est perdu en phase de ‘filtrage / modération’.
    Ma question : est-il prévu – à court terme une édition électronique ?

  7. Merci.
    Je n’ai pas su – à ma grande honte – trouver le lien vers le planning des ebooks à paraître. Le planning semestriel ou annuel, comme usuel dans toutes les maisons d’édition, pas les annonces à court terme…ou a terme échu 😉

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