Anno Dracula (2/3) : Dans la tête de Kim Newman

Dans cette seconde partie de notre documentaire spécial dédié au roman de Kim Newman… nous allons justement nous intéresser à l’auteur.

Né le 31 juillet 1959 à Londres, Kim Newman découvre sa vocation en visionnant, à l’âge de 11 ans, le Dracula de Tod Browning (1931). Après avoir percé dans le journalisme (notamment en tant que critique cinématographique pour le magazine Empire), son incroyable culture de la littérature anglaise l’amènent à suivre le chemin de l’écriture.

Aujourd’hui, ce dandy intrépide est réputé pour ses romans d’horreur. Il est l’un des plus grands experts du mythe du vampire et a remporté de nombreux prix dont le Children of the Night Award, décerné par la Dracula Society, et l’International Horror Guild Award du meilleur roman.

On se permettra d’insister sur les connaissances du monsieur. Le terme « d’expert » n’est pas là pour impressionner, mais qualifie vraiment le personnage. Si vous vous intéressez à sa biographie – ne serait-ce qu’en googlant son nom – vous constaterez que Kim connaît parfaitement ses sujets : le vampirisme, la littérature victorienne et le cinéma fantastique.

Ainsi, vous avez certainement saisi l’idée première d’Anno Dracula : lier le mythe de Vlad l’Empaleur à celui du non moins célèbre Jack l’Éventreur. Ici, le fictif et le réel s’entremêlent, mais pas seulement par l’intermédiaire de ces deux icônes, presque contemporaines l’une de l’autre. Newman amplifie ce lien en mêlant dans son intrigue les plus grandes figures de la littérature britannique d’avant-guerre aux personnalités de l’époque : Sherlock Holmes, Frederick Abberline, les docteurs Jekyll et Moreau, Oscar Wilde, l’inspecteur Lestrade et Bram Stoker lui-même !

Par l’intermédiaire de Geneviève Dieudonné et de Charles Beauregard, vous croiserez ces illustres personnages, et bien d’autres encore; au cours de l’enquête. Nous ne les citerons pas tous pour ne pas vous gâcher la lecture, une partie du plaisir consistant à identifier ceux qui ne sont pas nommés ou peu détaillés ! Vous relèverez certainement des indices ou des références qui vous parleront, de près ou de loin. Mais ne soyez pas intimidés par cette impressionnante galerie de personnages, car elle sert en fait le récit. Pour faire une comparaison assez pertinente, Newman réalise le même exploit qu’Alan Moore dans La Ligue des Gentlemen Extraordinaires: chaque page fleure bon la maîtrise du sujet, et le tout est porté par un style envoûtant, parfaitement rendu en version française par Thierry Arson.

On terminera par une anecdote : si vous êtes un lecteur vétéran de Bragelonne, vous avez déjà pu prendre la mesure de son talent dans l’un de nos ouvrages. C’était avec la nouvelle Andy Warhol’s Dracula, dans l’anthologie Faux Rêveur !

Ah, une dernière chose : ce type est juste adorable, drôle et passionnant.


Anno Dracula
sort demain en librairie. Quant à nous, nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine pour la troisième et dernière partie de ce focus.

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