Les Ombres de Canaan : un Howard peut en cacher un autre…

C’est avec ce nouveau recueil que Bragelonne reprend la publication des œuvres complètes de Robert E. Howard. À l’instar des Dieux de Bal-Sagoth, Les Ombres de Canaan vous feront parcourir les territoires les plus noirs imaginées par le père de Conan.

Dans Les Ombres de Canaan le lecteur va découvrir un Howard qui tombe (beaucoup) sous l’influence de Lovecraft, qui livre des textes hybrides et signe un premier chef d’œuvre avec La Pierre Noire, universellement considéré comme la meilleure histoire lovecratienne non écrite pas Lovecraft. (Elle a été rééditée plus d’une trentaine de fois dans les pays anglo-saxons depuis sa première parution, c’est dire !)

Mais bien vite, Howard va se rendre compte qu’il n’est pas vraiment un auteur lovecratien, ou d’horreur « classique ». Il n’a jamais visité Salem (ou Arkham), n’a jamais vu de château fort, ni de manoir, hanté ou pas, et ses héros ne sont pas des lettrés vivant reclus dans leur bibliothèques poussiéreuses.

Et c’est là que le génie de Howard va éclater encore une fois. Il se refuse à singer plus longtemps les autres, adoptant la même approche que celle qui a fait un succès de la série Conan : il américanise le genre, parlant de ce qu’il connait à des lecteurs qui sont comme lui.

Le vampire, pour Howard, ne s’appelle pas Dracula, mais est arrivé dans le Nouveau-Monde en même temps que les Conquistadors ; ses proies ne sont pas de falotes héritières victoriennes, mais des Américains ou des Mexicains vivant dans le Texas rural. Les demeures hantées n’ont rien de Victoriens, et les fantômes y sont plutôt des zombies; ils massacrent et tuent dans le noir, régnant en maître dans les vieilles demeures coloniales tombées en ruines après la débâcle sudiste de la guerre de Sécession.

Bref, un ouvrage qui démontre, une fois de plus, le génie novateur de Howard, des chefs d’œuvres qui n’ont rien perdu de leur force, et évidemment des textes rares et/ou difficilement trouvables, restaurés d’après les manuscrits originaux.

Patrice Louinet,
directeur d’ouvrage

Sortie en librairie le 22 février dans une édition dont l’intérieur est bien évidemment illustré. Cette fois c’est le génial Miguel Coimbra qui s’y colle !

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