Patrick Rothfuss vous parle

Le Nom du vent, encore et toujours. Cette fois, on a décidé de rappeler à votre bon souvenir une interview de l’auteur, réalisée pour les besoins de la newsletter de Bragelonne et dont voici là l’intégralité.

On vous disait encore il y a quelques jours qu’on ne cesserait pas de vous parler de cette merveille. Mais cette fois, on fera court pour laisser l’auteur himself s’exprimer.

On se permet juste de vous inviter à voir la présentation de Stéphane, si vous ne l’avez pas encore vue. Dans ce cas, ça se passe derrière ce lien.

Voilà, c’est tout. Bonne lecture ! Cool



En plus d’être un grand écrivain, Patrick Rothfuss est
un homme de goût comme en temoigne son t-shirt.

 

Comment a germé Le Nom du Vent dans votre esprit ?

J’ai toujours été un lecteur assidu de Fantasy. Mais en grandissant, j’ai fini par être ennuyé par les clichés habituels, présents dans énormément de livres du genre. Trop de dragons, d’armées de gobelins, de sorciers maléfiques et d’archers elfes. Tout cela revenait du pareil au même pour moi, alors j’ai décidé de voir si je pouvais raconter une autre sorte d’histoire, une qui laisserait au placard un bon paquet de ces conventions.

 

Quel est votre rapport avec la Fantasy ? Quant on lit Le Nom du vent, on a l’impression qu’il est nourri d’influences littéraires très variées, bien qu’on y retrouve tous les éléments qui font un grand roman du genre ?

Je ne pense pas qu’il y ait une véritable distinction entre la Fantasy et la littérature. Quand on y réfléchit un petit peu, la majeure partie de la littérature traditionnelle est de la Fantasy, mais on préfère l’ignorer. L’Odyssée est remplie de dieux et de sortilèges. Oedipe Roi montre un sphinx et une prophétie. Il y a des sorcières dans Macbeth, des fées dans Le Songe d’une Nuit d’Eté et un fantôme dans Hamlet. Et L’Enfer de Dante ? Et Beowulf ? Ça ressemble bougrement à de la Fantasy pour moi… Un jour, quelqu’un m’a demandé si j’aurais souhaité que mes livres soient considérés comme de la littérature. Mais franchement, pourquoi donc ?
Attendez, vous avez lu Les Grandes Espérances ? Ce livre est abominable ! Beurk ! Non, non, je suis très content d’être un auteur de Fantasy. C’est là ma niche naturelle. Laissez-moi avec Tim Powers et Philip K. Dick. Laissez-moi avec Le Guin, Gaiman et Pratchett. Vivent McPhillip et Whedon. Ce sont des narrateurs. Ce sont nos conteurs modernes, nos oracles, nos rêveurs. Ouais, je veux jouer dans cette équipe ! 

 

Lisez-vous des romans de Fantasy actuels ?

Tout le temps. Quand je ne suis pas trop occupé, je lis un livre par jour. Parfois deux.

 

La musique joue un rôle majeur dans le récit, pourquoi ? Etes-vous musicien vous-même ?

Je sais que ça va surprendre, mais je ne joue pas d’un seul instrument, désolé. Beaucoup de gens ne me croient toujours pas quand je le dis. Kvothe aime la musique, elle fait partie de lui, autant que faire se peut, autant que son sang ou ses dents. Les gens pensent qu’il en est de même avec moi et me disent souvent « Je suis musicien depuis des années et vous décrivez exactement ce que je ressens en jouant. Comment pouvez-vous ne pas être musicien ? »
Je ne suis pas non plus un magicien, un bohémien, un vieil homme ou un dieu oublié. Pourtant, j’écris sur tout ça. C’est ce que font les auteurs, je suppose.

 

Et ce rapport aux noms ? Il semblerait que cela vous fascine…

Les noms sont des choses intéressantes. Chaque culture à ses propres superstitions autour des noms. Toutes les mythologies sont également différentes, mais elles partagent la croyance que les noms sont importants.

 

Les enfants des rue de votre livre rappellent ceux de Charles Dickens et c’est un peu ce qu’on retrouve chez Scott Lynch et Brent Weeks.

Je n’ai pas beaucoup lu de romans de Dickens. J’ai dû en lire deux, en fait. Un Chant de Noël était une petite lecture agréable. En revanche, comme je l’ai dit plus haut, Les Grandes Espérances était un calvaire. Donc, non, je ne pense pas être influencé par Dickens. J’aime simplement écrire des histoires réalistes.

 

L’ambiance du livre est parfois mélancolique, ce qui donne une profondeur et une importance particulières aux héros et à l’ambiance. Mais c’est pourtant surprenant dans un roman de Fantasy. C’était ce que vous vouliez dès le départ ?

Mon principal objectif était que le roman semble réaliste. Je crois que c’est très important pour le type de Fantasy que j’écris. Et dans toute histoire réaliste où des malheurs arrivent, on ne peut éviter certains éléments sombres. Je ne me suis jamais assis en pensant « je veux que ce livre soit sombre et mélancolique ».

 

Le tome 2 de la Chronique du Tueur de Roi est très attendu. Quand sera-t-il disponible et que pouvez-vous déjà nous dire dessus ?

Je suis en train d’apporter les touches finales à The Wise Man’s Fear et je ne sais pas encore quand il sera entièrement terminé. Je suis du genre à vouloir être sûr que tout est parfait. Dans ce second livre, Kvothe voyagera à travers le monde, espérant faire fortune et se forger une réputation. Il cherche également des réponses à certaines questions. Quand vous lirez le livre, je suis persuadé que vous saurez lesquelles. Je déteste les spoilers, alors je vous dirais juste que Kvothe en apprendra plus sur la magie, sur l’amour et sur les secrets les plus cachés du monde…

 

Le Nom du Vent (Chronique du Tueur de Roi - Première journée) de Patrick Rothfuss, illustration de Marc Simonetti.
Le Nom du vent
est disponible en librairie.

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