Snark : interview de Sophie Dabat, auteure de Sainte Marie des ombres

Pour notre collection primo-numérique, ce mois de mars est celui de la continuité puisque nous proposons plusieurs épisodes de nos feuilletons (Les Foulards rouges de Cécile Duquenne, Le Rêve Oméga et Le Waldgänger de Jeff Balek). Mais c’est aussi l’occasion de publier un nouveau roman inédit, de bit-lit qui plus est.

La Brûlure de la nuit est aussi le premier volume d’une série épatante et on se propose aujourd’hui de faire connaissance avec son auteure. Après lecture de cet entretien passionnant, vous comprendrez non seulement que Sophie connaît le genre sur le bout des doigts, mais aussi d’où elle tient cette histoire

« Les Dévorantes. C’est comme ça que je les ai appelées. Elles ont failli nous avoir, Cullan et moi. À nous deux, le monde entier peut aller se faire foutre, on est de taille à l’affronter. »

Depuis plus de vingt ans, les Ombres hantent le monde et dévorent tout être vivant à leur portée. Hormis une petite fille, personne n’a jamais survécu à leur poison. Mais la fillette miraculée est devenue un rat de laboratoire, avant de disparaître dans la nature.
Lily Turner est désormais une femme presque comme les autres. Tatoueuse, elle partage sa vie entre son compagnon, sa meilleure amie et son chien, rescapé des Ombres comme elle. Nul ne sait qu’elle était autrefois surnommée Sainte Marie des Ombres. Mais une vague de meurtres risque fort de remettre cet équilibre en jeu, et forcer Lily à faire des choix difficiles, tant pour se protéger que pour sauver ceux qu’elle aime…

Sainte Marie des Ombres #1 : La Brûlure de la nuit de Sophie Dabat

Pourrais-tu commencer par te présenter aux lecteurs qui ne te connaissent pas (encore) ?

Me présenter… dur dur ! 1m56 et des fringues assez manga/rock/excentriques, les cheveux bleus (parfois rouges, parfois mochement décolorés), quelques tatouages, un certain nombre de piercings, un débit de parole assez frénétique, une tendance à la dépression, et une addiction aux sushis et au shopping… je suis une vraie caricature d’auteur, en fait ! N’oublions pas, je suis marseillaise d’origine, donc tout ce que je dirai sera à prendre avec des pincettes, j’ai une légère propension à l’exagération !

À part ça, j’ai 35 ans, un compagnon rock’n’roll qui est également un super papa pour notre merveilleuse petite fille de 2 ans, et une petite ménagerie. Et une maison en travaux. Et des cours de danse. Et une moto. Et… et… et… et j’adore les livres. À égalité avec les animaux. Si je devais me retrouver sur une île déserte (avec mon homme et ma p’tite fille, sinon ça ne compte pas), il me faudrait juste des bestioles à apprivoiser et câliner, et des livres pour que je sois heureuse.

J’ai fait des études, comme beaucoup de gens, mais comme j’ai toujours aimé les mots et tout ce qui s’y rapportait, je préfère vivre dans le monde de l’édition, sans me cantonner à ce à quoi ma formation initiale me destinait. Je suis donc traductrice, lectrice, correctrice, j’anime des ateliers d’écriture, je donne des conférences et des tables rondes où j’ai le droit de parler de mon sujet préféré : la bit-lit, et j’écris, j’écris, j’écris, à chaque instant de libre. Et franchement, c’est juste un grand bonheur !

Comment es-tu arrivée chez Bragelonne ?

Honnêtement, je n’aurais pas cru être publiée un jour chez Brage. J’adore la bit-lit et le fantastique, j’ai donc énormément de publications ornées d’un grand B (ou d’un M) dans ma bibliothèque, mais je ne pensais pas en faire un jour partie. Ce qui ne m’a pas empêché d’envoyer un roman (le tout premier) il y a plusieurs années, et on m’a recontactée il y a quelques mois en me demandant si j’avais autres projets « sous le coude ». J’étais alors en train d’écrire Sainte Marie des ombres, et quand j’ai envoyé à Claire (Deslandes) les premiers chapitres et le résumé, elle m’a demandé la suite. Sauf qu’elle n’était pas encore écrite ! Et voilà, tout a commencé comme ça !

D’ailleurs, j’ai le droit de profiter de cette interview pour la remercier ? Parce que bon, il faut l’avouer : elle m’a fait confiance alors que je n’avais pas encore écrit le roman en entier. Elle a fait un énorme travail de direction éditoriale et de correction. Elle m’a encouragée, elle m’a soutenue, elle m’a conseillée, elle a littéralement donné vie à ce projet. Merci, Claire !

Tu as déjà publié plusieurs ouvrages. Est-ce que le passage au numérique est pour toi un grand saut et/ou une direction qui te paraît logique d’emprunter ?

Jusqu’à il y a deux ans, j’étais farouchement « anti-numérique ». L’idée me semblait sacrilège, j’aime trop l’odeur et le contact du papier. J’étais trop habituée à lire de façon «traditionnelle» pour envisager autre chose. Puis suite à des problèmes de vue et de bras, on m’a offert une liseuse. Bien garnie… Et là, j’ai découvert un confort de lecture qui m’a stupéfaite (sans parler du gain financier et de place dans ma bibliothèque !). Je suis donc devenue une convertie au numérique du jour au lendemain. Et comme j’écris exclusivement sur ordinateur (à la main, ça ne va pas assez vite et on attrape des crampes !), finalement, le passage au numérique me semble assez naturel.

J’avais déjà eu des nouvelles publiées en numérique, ça me paraissait sympathique et porteur. J’avais juste peur que ça ne fonctionne pas forcément bien en France. Mais je trouve que c’est une bonne idée d’innover, et de proposer plus de choix aux lecteurs, de multiplier les supports. Finalement, le numérique est très complémentaire au livre papier, il ne lui vole rien, d’après moi. J’aime toujours mes beaux livres papier, mais tout ce qui est poche et littérature « détente », je préfère les avoir en numérique, pour les emporter partout avec moi et moins encombrer ma maison. Le passage au numérique me semble donc une direction logique et cohérente, tant par rapport à mon écriture qu’à ma lecture, finalement.

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Parlons de Sainte Marie des ombres. Comment est né ce projet ? Qu’est-ce qui a motivé son écriture ?

L’idée de Sainte Marie date d’il y a longtemps, très longtemps (dans une galaxie très lointaine.) Un passage, dans le tome un, relate l’épisode autobiographique qui a généré la naissance de cet univers : quand j’étais petite, j’étais très froussarde, et pour «m’aguerrir», mon père me demandait d’aller jeter les poubelles à l’autre bout de l’allée, et s’amusait à imiter des hurlements de loup. Et moi, je guettais les ombres des buissons, de peur de les voir s’animer suite à la présence d’un monstre. Je ne sais pas si ça m’a aguerri (j’ai toujours peur du noir et des grosses bêtes), mais ce souvenir est resté, et les ombres m’impressionnent toujours.

Il y a quelques années, j’ai voulu exorciser cette peur en écrivant une nouvelle qui parlait de ce moment. Ce texte a été publié dans le fanzine québécois Horrifique. Jess Kaan m’a fait la joie et l’honneur d’en faire la direction éditoriale, et la cohérence et la richesse de l’univers lui doivent beaucoup.

Mais cette nouvelle ne m’a jamais semblé achevée. J’étais triste de quitter ce personnage, j’avais envie d’approfondir son monde, de faire de cette héroïne quelqu’un de plus consistant, de plus réel. Je ne savais pas comment. L’idée est venue toute seule, un matin, et j’ai commencé à rédiger un synopsis, à développer un univers, des personnages. Le physique de Lily s’est construit ensuite, à partir de connaissances qui m’évoquaient son caractère. Et ainsi de suite. Il y a beaucoup de vécu dans Sainte Marie, que ce soit dans les personnages, les angoisses ou les lieux. Je crois que c’est inhérent à la plupart de mes univers.

La bit-lit est un genre que tu connais bien, puisque tu lui as consacré un essaie paru chez les Moutons électriques en 2010. Est-ce qu’avec Sainte Marie des ombres, tu souhaitais répondre à ses codes ou, au contraire, aller à contre-sens ?

Ni l’un ni l’autre ! (je sais, « contrariante » est mon deuxième prénom). En fait, je n’ai pas cherché à faire quoi que ce soit. Le scénario s’est construit à partir de cet univers que j’avais en tête, et Lily s’est très vite trouvé un caractère et un vécu qui lui sont propres, sans vraiment me demander mon avis.

Je pense que ma connaissance des codes de la bit-lit fait que la plupart d’entre eux sont présents dans cette série. Mais ce que j’adore, quand je reconnais un code, c’est le casser. Donc ne vous étonnez pas si en lisant Sainte Marie, vous vous apercevez que j’ai repris les ordres de la bit-lit pour mieux les détourner et les déformer. C’est un peu mon petit plaisir. Construire pour déconstruire. Il y a une enquête, oui, mais pas au centre de l’histoire. Il y a des créatures surnaturelles, oui, mais pas de vampires, de loups-garous, ou même d’entités corporelles ou fantomatiques. Il y a une histoire d’amour, mais pas de rivalité amoureuse ni de schéma habituel. Je me suis bien amusée avec cette histoire, et quand je m’amuse, j’aime bien semer l’anarchie et entraîner les gens sur de fausses pistes.

De toute façon, je suis militante féministe. Je déteste toute forme de contrainte, je suis farouchement opposée à l’idée que certaines choses ne sont pas faites pour les femmes (manier une tronçonneuse, faire de la moto, bricoler, diriger une entreprise ou exercer un métier physique, etc.) et j’essaie de me comporter au quotidien en accord avec ces principes. (Certaines personnes, dans le milieu de l’édition, pourront vous parler de ma fixette sur la tronçonneuse que mon père m’a offerte il y a quelques années ! J’en ai abattu, des arbres, avec, pendant ma grossesse !)

Bref, Lily incarne cette vision de la femme : indépendante, autonome, capable de faire tout ce que les hommes font, sans tabous ni contraintes… Je n’aurais pas supporté de faire un personnage qui prétende être indépendant et féministe et ne rêve, en fait, que de tomber dans les bras d’un homme bien macho. Donc c’est Lily qui porte la culotte (ou le boxer, plutôt). Mais comme elle a un passé difficile, forcément, ses relations sont faussées, ce qui déforme encore plus les codes de la bit-lit.

J’avoue, je suis passionnée par le sujet. Écrire mon essai dessus a été très difficile, je n’ai jamais eu de formation littéraire et je n’étais pas sûre de parvenir à bout de ce défi, mais je ne remercierai jamais assez André-François Ruaud (des Moutons électriques) de m’avoir donné ma chance et d’avoir publié cet essai (sans parler de son soutien au quotidien pendant l’écriture et à chaque fois que je m’effondrais en disant que je n’allais jamais y arriver !).

Et puis, il faut l’avouer : je suis fan de Buffy, ça a certainement dû influencer ma vision de la femme et des relations humaines !

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L’univers de la série fourmille de bonnes idées (les Ombres qui prennent vie, le statut religieux qu’on attribue à Lily…). Où es-tu allée chercher tout ça ? Qu’est-ce qui a nourrit cette histoire ?

Euuh… déjà, merci pour le compliment ! Je ne sais pas si les idées sont bonnes, elles sont justes là, le plus souvent, à hurler pour que je les écoute et leur donne vie !

Où suis-je allée les chercher… Pour les Ombres, j’ai déjà répondu, c’est vraiment le déclencheur de l’histoire, cette anecdote qui m’a marquée (je crois que mon père va finir par se sentir visé, à force de m’entendre raconter qu’il m’a traumatisée, avec cette vieille histoire !). C’est vraiment ce sentiment de peur du noir, ce ressenti de proie contre un prédateur omniprésent et invincible, qui ressort à chaque fois que j’essaie de parler des Ombres, que ce soit dans le roman comme quand je décris ce à quoi elles me font penser. C’est comme si brusquement, je retombais dans la préhistoire, à l’époque où nous n’étions que des primates vulnérables, sans griffes ni crocs, à la merci de son environnement. Je crois que même à notre époque, nous gardons au fond de nous cette peur, ancrée dans notre subconscient, qui ne demande qu’à nous submerger et à nous dominer à la moindre frousse.

C’est peut-être pour ça qu’on adore regarder des films d’horreur : ça nous permet d’exorciser cette peur, en s’effrayant, tout en sachant que c’est « juste pour rire » et sans danger. Là, c’est pareil. J’ai exorcisé ma peur des Ombres en leur donnant vie. (Et la prochaine fois, je vous parlerai de ma peur du vélo, vous verrez, on peut sûrement en faire un roman fascinant, de la bitrochosophobie !)

Les autres éléments les plus importants de cet univers, pour moi, c’est effectivement l’aspect religieux, la relation de Lily à son chien, ses difficultés relationnelles et son métier : tatoueuse.

Pour reprendre dans l’ordre, l’aspect religieux vient aussi de mon vécu. Je suis devenue agnostique très jeune, à l’âge de six ans, après m’être beaucoup questionnée suite à la mort de mon grand-père, qui m’élevait. Quand j’en ai parlé autour de moi, on ne m’a pas crue, et j’ai suivi le « cursus » normal de tout juste catéchumène alors que je n’avais plus la foi. D’où énormément d’interrogations sur l’Eglise, sur Dieu, sur les gens et leurs opinions, sur le désir que certains ont d’imposer leur foi à d’autres, ou juste de suivre une tradition.

Quand j’ai fini d’écrire le premier tome de Sainte Marie, je me suis finalement fait débaptiser. Non pas par haine des chrétiens, mais juste pour ne pas être « affiliée » à une Eglise à laquelle je ne me sens pas appartenir. Je respecte profondément les gens qui ont la foi, la vraie, et justement, ça me semblait irrespectueux, pour eux comme pour moi, de figurer dans les registres de l’Eglise alors que ça fait si longtemps que je n’y crois plus. Je suis également opposée à certains principes actuels du Vatican, et je ne souhaitais pas, pour cette raison de plus, faire partie de leurs fidèles. Finalement, je me suis réapproprié mon identité religieuse, ce qui me permet de garder la porte ouverte et de réfléchir ; je me suis en quelque sorte mise sur la touche pour observer. Si je (re-)trouve un jour la foi, je pense que ce sera une foi libérée de tout cadre religieux. Du moins je l’espère, mais on verra…

L’amour que Lily porte à son chien, je ne surprendrai pas grand monde en disant qu’il est tout simplement le symbole de celui que je porte aux animaux. Je suis capable de pleurer en lisant un article ou en regardant une photo d’un animal maltraité, et si je pouvais adopter tous les pensionnaires des refuges que je connais, je le ferais, et je regretterais encore de ne pas pouvoir faire plus. Les animaux sont un peu ma carapace, lorsque les humains deviennent trop difficiles à comprendre pour moi. Ce sont mes doudous. Sauf qu’adopter un animal, pour moi, ce n’est pas comme acheter une peluche qu’on jettera quand elle sera défraîchie (et même ça, j’en suis incapable, je fais énormément d’anthropomorphisme avec les peluches…) L’adoption, pour moi, c’est comme un mariage : pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort nous sépare. (Oui, je sais, je cite un adage religieux, comme quoi…) Ce qui signifie que c’est un engagement à long terme, qui demande du temps, de l’argent, des contraintes.

Certains disent que je suis extrémiste avec les animaux. C’est peut-être le cas. Comme dirait Lily : « je m’en bats les… ». C’est juste comme ça. Je serais incapable de me regarder dans une glace si j’avais l’impression de ne pas faire le maximum pour mes animaux. Et encore, j’ai toujours ce sentiment de ne pas avoir fait assez. De ne pas avoir réussi à vaincre la maladie ou la mort (ma gentille lapine Fiona nous a quittés il y a quelques jours après une longue maladie et le sujet est très sensible pour moi, j’ai l’impression de lui avoir fait défaut, de ne pas avoir été à la hauteur, même si on s’est énormément battus avec elle contre la maladie…)
Bref…

Les difficultés relationnelles de Lily viennent de son passé, dans l’histoire, mais elles sont avant tout issues du mien. Je suis quelqu’un de très introverti, de très timide, et j’ai eu une enfance très solitaire et marquée par la peur de ne pas être à la hauteur ; je manque énormément de confiance en moi, je me sens banale, incompétente et inintéressante. Donc je suis toujours sur la défensive, j’ai l’impression que les gens me fréquentent par pitié, je doute de moi, d’eux… Lily est plus agressive que moi, car elle a dû se battre pour survivre alors que moi, je n’ai jamais manqué de rien. Mais c’est exactement ce qui émane d’elle. Du mal-être, de la méfiance, de la peur de l’autre. « Qu’est-ce qu’ils peuvent me trouver ? » ; « Qu’est-ce qu’ils attendent de moi ? » ; « Est-ce que je ne vais pas encore tout faire foirer ? » ; « Est-ce qu’on ne va pas m’abandonner si je ne suis pas à la hauteur ? ». Avec les animaux, les relations sont tellement plus simples, plus directes…

Et pour finir, parlons du tatouage… C’est juste fascinant, les modifications corporelles, non ? On marque son corps. On l’illustre. On l’apprivoise, en même temps qu’on apprivoise la douleur. On le rend beau, ou on le camoufle. On se l’approprie. On en fait une œuvre d’art…

J’ai peu de tatouages, mais je les aime tous. Et chacun d’eux m’évoque des souvenirs, un vécu, une période. Je vais en faire d’autres, c’est sûr. Qui seront symboliques de moments importants de ma vie, de décisions, de résolutions.

Lily, je voulais qu’elle ait un métier auquel je pourrais m’identifier, qui me ferait rêver. J’hésitais entre vétérinaire, pierceuse et tatoueuse. La décision a été prise quand, en imaginant une scène, je l’ai vue en train de tuer quelqu’un à coups d’aiguilles de dermographe ! Le moment n’a pas été concrétisé dans le roman, mais l’image est restée et Lily est devenue tatoueuse…

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Les cinq volumes de la série vont sortir au cours de cette année. Est-ce que tu l’avais imaginé dans son ensemble ou est-ce que tu t’es laissée porter par Lily ?

J’ai d’abord eu l’histoire du premier tome, mais je savais que ce n’était pas fini, dans ma tête, Lily trépignait d’impatience de repartir à l’aventure. Et très vite, il y a eu des « moments-clés » et une trame générale qui s’est dessinée. J’ai su où me mènerait chaque tome, comment ils devaient finir, quels personnages devaient mourir, revenir, apparaître. Après, la question était « comment parvenir à ces buts ? » et comment rendre ces moments crédibles et palpitants pour le lecteur comme pour moi. C’est là que Lily a pris les choses en main, et c’est elle qui m’a portée pour parvenir à chaque étape.

En quelque sorte, on va dire que j’ai construit les paliers d’un escalier et qu’elle m’a guidée pour monter les marches menant à chaque palier.

Question rituelle : comment résumerais-tu cette œuvre… en seulement trois mots?

Sang, sexe, sueur ?

Oups. Ça fait un peu cliché, non ? Pourtant, on trouve les trois en bonne quantité dans chaque tome ! Ça ne résume pas l’histoire ni l’univers, mais plutôt l’ambiance que je voulais donner, entre road-trip, terreur et humour.

En trois mots, je dirais donc : Fight Club, féminin, frisson. J’aime bien « frisson ». On frissonne de peur, on frissonne de froid, on frissonne d’anticipation, de désir, d’impatience… C’est très évocateur, comme mot. Féminin, ben, ça me semble évident. Lily est une femme à part entière, qui s’assume et qui a été forgée par les épreuves.

Quant à Fight Club, c’est un de mes films culte. Du sang, de la baston, de l’humour, de la folie, une ambiance glauque et décalée. Je crois que c’est le film qui a inconsciemment dû m’inspirer. Avec Alien. Ce sont mes références pour Sainte Marie : Fight Club, Buffy et Alien.

Tiens, encore trois mots pour résumer ma saga !

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Sans déflorer l’intrigue, que peux-tu nous révéler sur la suite des aventures de Lily ?

Sans déflorer l’intrigue ? Ouille, la colle !

Eh bien… Lily va être obligée de revenir en arrière, de revivre des moments de son passé et de briser un cercle vicieux pour survivre. Elle va perdre des proches, se construire d’autres relations. Être détruite, brisée, mais devenir plus forte grâce à des rencontres, des épreuves traversées, des échecs.

Je n’en dirai pas plus, mais Lily, je ne l’ai pas épargnée, dans l’histoire. Parfois, j’ai de la peine tellement je lui en ai fait subir, je me dis « je pourrais la laisser un peu souffler, là, j’ai vraiment été vache, je ne sais pas si elle va réussir à s’en remettre… » Mais je lui fais confiance. Elle est forte, combattive et inventive, elle va morfler, écoper de quelques cicatrices supplémentaires, mais elle s’en sortira toujours. Enfin, jusqu’au jour où j’irai trop loin. Mais on verra, tout n’est pas encore écrit, et je sais qu’elle saura me surprendre.

As-tu une autre actualité ou des projets ?

Oui ! Oui ! Oui ! J’ai un recueil de nouvelles qui sortira dans quelques mois, Fragments et Cicatrices, aux éditions du Chat noir !

Je suis super contente, ce sont des textes auxquels je tenais beaucoup, certains inédits, d’autres publiés dans des fanzines, et qui continuaient à me hanter, et que j’ai remaniés… C’est un recueil entièrement féminin, fantastique, pour lequel Alexandra von Bach m’a concocté une magnifique couverture !

Quant à la suite, eh bien, il y a la suite de Sainte Marie des ombres, forcément ! Et un autre roman de fantastique YA que je dois corriger (il est écrit !), et un certain nombre de projets pour lesquels j’ai le synopsis, les premiers chapitres… et pas le temps de m’en occuper ! Mais ça viendra ! Pour le moment, Lily m’appelle, et elle est impatiente !

* * *

Le premier volume de Sainte Marie des Ombres, La Brûlure de la nuit, est déjà disponible en numérique et très prochainement en POD. Le tome 2, L’Enfant des ténèbres, est quant à lui prévu pour juin.

3 réflexions au sujet de « Snark : interview de Sophie Dabat, auteure de Sainte Marie des ombres »

  1. Pitch très prometteur!! Et tentant…

    Des nouvelles de la version papier de sombre heritage?

    Et comment être tenu au courant de la disponibilité des ouvrages snark en papier? Genre celui que vous nous présentait aujourd’hui 😉

  2. J’espère qu’ils paraitront papier et avec ses couvertures que je trouve sublime.

  3. Superbe découverte. Encore merci pour ce petit bijou qui se lit d’une traite. On vit pleinement les aventures de Lily avec ses doutes et ses angoisses, son envie d’être juste sans pour autant se sacrifier.
    Les personnages secondaires sont très travaillés aussi.
    Ça va être long d’attendre jusqu’à juin pour connaître la suite.
    De l’urban fantasy comme il nous en faudrait plus ou la franc parlé de l’héroïne est rafraîchissant et pas de grande trame romantique comme dans beaucoup de livres de ce genre. Elle a un mec, avec les hauts et les bas d’une relation, point.
    A lire sans modération 🙂

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