On disait éteinte la race des griffons…

Cette fois, c’est une Fantasy qui sort des sentiers battus que nous vous proposons, tant par son cadre, inspiré du Japon féodal, que par ses accointances avec le genre du Steampunk : Stormdancer.

« Comment ? Un roman de steampunk japonais, des créatures mythiques, une rébellion du peuple et une héroïne forte ? Vous m’avez eu à “steampunk japonais”. Ça m’a suffi ! » – Patrick Rothfuss, auteur du Nom du Vent.

Mine de rien, c’est notre première incursion dans un monde d’inspiration nipponne depuis La Trilogie de l’Empire, ce qui remonte à presque une décade. Vous ne m’en voudrez pas de faire une généralité en disant que les lecteurs de Fantasy sont nombreux à apprécier la culture japonaise, pour des raisons évidentes. Pourtant, on constate que le nombre de romans de Fantasy s’en inspirant est limité. On ne boude pas notre plaisir en voyant arriver le cycle du très sympathique Jay Kristoff.

La dernière fois que nous vous avons parlé de cet auteur australien (ce qui est assez rare pour être noté), c’était parce que son livre était finaliste des David Gemmell Legend Awards 2013. (Récompense qu’a finalement gagné Le Couteau aveuglant Brent Weeks.) Si ma mémoire ne me fait pas défaut, l’acquisition des droits de cette série avait été faite quelque temps plus tôt, trop heureux que nous étions de pouvoir la proposer en VF. Et nous y voilà.

La Guerre du Lotus, tome 1 : Stormdancer de Jay Kristoff

Couverture réalisée par Miesis – Sylvie Veyres.

L’histoire de La Guerre du Lotus se déroule sur l’archipel de Shima, gouverné par les Empereurs Tenma depuis des siècles ; cette dynastie a depuis été détrônée par le Shōgun, soutenu par quelques clans rebelles. La nation riche de ses traditions et de ses mythes est en train de changer : poussée par la toute-puissante Guilde du Lotus, la révolution industrielle est en marche et désormais, les cieux sont rouges de fumée. La pollution et la déforestation ont désacralisé le pays et même les créatures de légende qui faisaient la fierté de l’Empire se sont volatilisées.

Mais un jour, les chasseurs du Shōgun sont chargés de capturer l’un de ces bêtes ; l’arashitora. (Un « tigre tonnerre », littéralement.) La mission est par définition impossible, et l’échec puni par la mort. Mais le devoir est le devoir et Yukiko, qui a le don de communiquer avec les animaux, accompagne son père dans sa traque. Contre toute attente, ils trouvent le mythique animal, mais une catastrophe met à mal leur mission et la jeune fille se retrouve perdue dans une forêt sauvage, avec pour seule compagnie un griffon mutilé. Unis dans l’adversité, la jeune fille et l’animal décident de braver le pouvoir dans l’espoir de voir renaître leur pays…

Ce qu’il faut surtout retenir de cette œuvre, c’est son duo de personnages principaux. Yukiko est une jeune femme comme on aimerait en voir plus souvent. Forte et fragile, pleine de potentiel mais pas parfaite. On l’aime assez rapidement, puis on l’adore dès qu’elle tisse une relation avec Buruu, l’arashitora qui deviendra son allié le plus fidèle. Grâce à lui, le griffon détrône, le temps d’une trilogie, le dragon comme la figure la plus appréciée de la Fantasy. Tout comme nous, vous allez tomber en admiration devant cette créature pleine de charisme et de grandeur.

La beauté de leur relation rappelle, dans un autre contexte, Laurence et Téméraire dans l’œuvre de Naomi Novik. Lorsqu’ils sont ensemble, on a envie de croire que Yukiko et Buruu peuvent réaliser l’impossible. Que la quête qu’ils ont choisi d’entreprendre peut arriver à son terme, malgré les embûches et les dangers qui ne manqueront pas de leur tomber dessus.

Stormdancer fait les deux choses qu’on peut demander à un grand roman de Fantasy : faire rêver (adossé au tronc d’un cerisier blanc) et vibrer (sous l’impact des coups de katanas).

Le roman sort aujourd’hui en librairie. Et dans deux jours dans sa version numérique.

5 réflexions au sujet de « On disait éteinte la race des griffons… »

  1. Est-ce que ça ne ressemble pas trop à Eragon ? Même si l’univers est différent, il y a quand même cette relation homme-animal en commun… L’histoire est-elle destinée à un public d’adultes ou est-ce que c’est un peu « enfantin » ? En tout cas c’est original et ça attise ma curiosité 🙂

  2. Ca fait aussi penser à Princesse Mononoke, pour le côté animaux mythiques et industrialisation galopante.

  3. Fantasy Japon Féodal… Intéressent.
    Une de mes oeuvres favorite et dont j’ai peine à imaginer qu’elle puisse être détrôné dans ce domaine est Le Clan des Otori.
    Mais à voir…
    Et je +1 pour Mononoke

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