La foire de Francfort (2)

L’un des trucs passionnants dans ce genre de foire, c’est bien sûr d’avoir des infos sur les prochains livres qui vont paraître.

Surtout que les agents et les éditeurs nous parlent de romans qui sortiront parfois dans un an, voire plus, dans leur pays d’origine (USA, Grande-Bretagne…). Du coup, c’est assez excitant. Ah tiens, tel auteur qui n’a pas publié depuis longtemps est de retour? Pourquoi ce genre de roman ? etc. On a de l’info vachement en avance.

En outre, au bout d’un moment, on peut repérer les « goûts » des agents et éditeurs. Ainsi, un roman représenté par Vicinanza (agent de Stephen King, Michael Crichton, John Grisham, Robin Hobb, George R.R. Martin… excusez du peu !!!) a plus de chances, statitisquement, d’être un grand roman et/ou un best-seller (dans la liste ci-dessus c’est 90% les deux, amha) que s’il est représenté par Bidule.

La familiarité et la connaissance mutuelle qui s’établissent avec les années entre le « vendeur » et « l’acheteur » potentiel permettent également de mieux s’accorder. Ils voient maintenant quels sont les romans qui sont plutôt pour Bragelonne, et je sais quels sont les agents/éditeurs qui les proposent. Je suis aussi en mesure de les aiguiller sur le marché français, leur dire : ce roman n’est pas pour Bragelonne, par contre je pense qu’il devrait plaire à tel autre éditeur de SF ou de Fantasy en France…

Ca n’empêche pas, bien sûr, d’avoir des surprises : de voir un bouquin susceptible de m’emballer dans la liste (anglicisme : « list » est l’équivalent de « catalogue » pour un agent/éditeur) de quelqu’un qui jusque-là n’avait rien qui puisse m’intéresser.

On y fait aussi de belles rencontres. Par hasard tomber sur l’agent d’un auteur qu’on essaie d’avoir depuis longtemps sans savoir à qui s’adresser. Ce fut le cas cette année, mais je ne peux pas encore vous dire de quel auteur il s’agit ! 🙂

Bref, on se renseigne sur ce qui va arriver et on se positionne sur les ouvrages les plus intéressants.

Ca donne aussi une idée des tendances. Quand on voit de plus en plus de livres d’un certain genre proposés par les agents ; quand on voit se développer une certaine tendance chez un éditeur ; quand on voit que plusieurs autres pays européens ont acheté un certain titre, on se dit: mmh, faut jeter un oeil à ça.

En outre, la foire de Francfort est un lieu de business pur. De deals. Parfois c’est vraiment spectaculaire, du genre l’éditeur s’assoit à la table de l’agent et dit : « Je veux ce livre. Mon offre est de tant. Je pense que c’est la meilleure offre que vous aurez et elle est valable 5 minutes. J’attends. » Ca s’appelle une pre-emptive offer. Si l’agent refuse, espérons pour lui qu’il aura une autre offre aussi bonne ultérieurement. S’il accepte, il a vendu son bouquin, au risque d’avoir plus tard une autre offre, meilleure, qu’il ne pourra pas accepter. C’est rigolo, non ? 😉

Ben moi je fais pas ça (non, je suis pas rigolo, voilà). Je ne fais pas de deal sur table à FF.  D’abord parce que, à Bragelonne, on n’est pas des flambeurs, et ensuite parce qu’on préfère montrer qu’on est les meilleurs par la qualité de notre travail plutôt que par des offres mirobolantes. 🙂

Ce qui veut dire qu’il nous arrive de nous faire souffler un bouquin parce qu’un autre éditeur a offert beaucoup plus d’argent (normal, c’est le jeu, agents et auteurs ont besoin de manger) ou a fait un package deal : pour obtenir ce livre, il en achète un autre dont il n’a rien à foutre. Alors, ça, nous, jamais !

A suivre…

Stéphane / Marsus

2 réflexions au sujet de « La foire de Francfort (2) »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *