Mon nom est Bond

J’ai vérifié hier soir les traceurs de Casino Royale.

 

(les traceurs, ce sont les pages du roman envoyées par l’imprimeur, telles qu’elles seront dans la version imprimée définitive de l’ouvrage – autrement dit, la toute dernière chose à vérifier avant l’impression)

Eh bien, ca fait quelque chose.

C’est marrant, j’ai mis longtemps à prendre conscience que nous étions devenus les éditeurs des romans James Bond de Ian Fleming. Parce que ça s’est fait… un peu par hasard, en fait. Je vous raconte ?

Allleeeez…

Bon, d’accord, je vous raconte.:)

Vous savez que nous achetons les droits des livres étrangers à des agents, dont c’est le métier de représenter des auteurs, de fournir des informations à leur propos aux éditeurs, de négocier les contrats etc.

Il se trouve que l’un de ces agents anglais représente quelques séries de Fantasy. Pas beaucoup, mais quelques unes qu’on aime bien et qu’on lui a donc achetées. Un jour que je recherchais un raccourci qu… heu non, que je regardais vaguement sur le Net quels étaient les autres auteurs dont cet agent s’occupe, je vois son nom lié à Ian Fleming. Je lui envoie donc un mail, à moitié ironique, du genre : « alors tu es une Bond girl ? »

Elle me répond : « Oui, je représente l’oeuvre de Ian Fleming, pourquoi ? »

« Heu… comme ça. C’est marrant. »

« Ca dépend. Là, c’est moyen marrant, me répond-elle, car en ce moment je passe mon temps à essayer de faire le point sur toutes les éditions des romans James Bond dans le monde et c’est le bordel [bon ok elle parle pas comme ça, mais c’est l’idée, ils sont comme ça les Anglais, pour vous faire comprendre que « c’est le bordel » ils utilisent 8 phrases très polies et indirectes, je résume là, voyez ?]. »

En effet, après des dizaines d’années d’exploitation diverse, l’agent doit  parfois essayer de savoir quelles éditions sont toujours en vente, épuisées, buggées etc. Parce que les éditeurs ne se pressent pas de l’en informer, ou ont oublié, surtout si ce sont de vieilles éditions.

Elle poursuit : « Pourquoi, ça t’intéresse, grand fou ? [bon ok elle m’appelle pas grand fou, mais c’est l’idée, je résume je vous dis!!!] »

« Bah, heu, bredouillé-je [bon ok on peut difficilement bredouiller dans un email mais vous voyez le tableau], sais pas, faut y réfléchir… tu peux m’appeler « grand fou » de nouveau, pour voir? »

A partir de là, on y réfléchit (si, si), avec Alain et Olivier. Quel potentiel commercial aujourd’hui ? Qui lit Bond ? A quand le prochain film ? Sera-ce une adaptation d’une histoire de Fleming ou un scénario original ? Le publier dans quel format ? Refaire tous les Bond ou seulement le nouveau? Dans quel ordre ? Refaire la traduction ou reprendre les anciennes ? Et si on refait la trad, qui s’y colle ? Et au fait, que viendrait faire James Bond dans le catalogue Bragelonne ? Et est-ce que ça va nous coûter la peau des fesses ? etc. etc.

Et on l’a fait. Dans les rues vous pouvez voir l’affiche de Casino Royale, l’adaptation du tout premier roman de Ian Fleming que Bragelonne publiera le 16 novembre prochain. Je vous promets que voir tous les jours en immense dans la rue la couverture du prochain Bragelonne, ça fait bizarre. 🙂

Les traceurs, hier, c’était un peu pareil. C’était cool. 🙂

Marsus / Stéphane

 

 

 

 

 

3 réflexions au sujet de « Mon nom est Bond »

  1. quelle est la concordance entre le catalogue brage’ actuel et James Bond ?
    C’est quoi pour vous, un défi, un pari, une occas’à ne pas rater ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *