Magali Ségura nous parle d’Éternité

Sorti il y a moins d’un mois, Le Prix d’Alaya marque le début d’une toute nouvelle trilogie, pour l’auteure de Leïlan. Parce que c’est un événement, on ne pouvait passer à côté d’une mini-interview !

Chers amis, que vous ayez lu le premier tome d’Éternité ou pas encore, Magali vous invite à faire plus ample connaissance avec son nouveau monde…

altQuel effet ça te fait de voir ton deuxième enfant littéraire sortir du nid? La Magali de Leïlan est-elle la même que celle d’Éternité ?

La sortie de ma deuxième trilogie me semble un rêve tant j’ai cru que je n’arriverais jamais à la finir. J’ai eu l’idée stupide de l’appeler Éternité et je m’en suis mordu les doigts plus d’une fois ; j’avais l’impression de m’être jetée un sort. Plus de dix ans pour l’écrire… Avec des grosses plages de pauses (quelque fois des années !) mais plus de dix ans tout de même… Forcément, j’ai changé, j’ai même eu peur que mon écriture évolue trop entre chaque pause (pas forcément dans le bon sens) et que cela se ressente dans la lecture. Heureusement, à force de revenir au début pour modifier des décors, des scènes, ou même pour en rajouter, l’homogénéisation a dû se faire.

Éternité est plus sombre que Leïlan, plus réaliste et plus complexe dans sa vie quotidienne et ses rapports humains, peut-être parce que, moi aussi, j’ai vieilli. (Snif !) Enfin la Magali d’Éternité est devenue une maman au fur et à mesure de son écriture. Si les huit premiers chapitres ont été écrits avant la naissance de mon premier fils (cela me fait toujours rire quand quelqu’un les lit et me dit que cela se voit que je suis maman en eux), les suivants et surtout les tomes 2 et 3 se nourrissent bien de l’amour et de l’inquiétude que je peux avoir pour mes enfants.

Peux-tu nous dire comment est née l’idée de cette nouvelle série ?

Au départ, je suis partie de l’idée de deux personnages issus de castes ennemis qui devaient s’allier pour une quête. Et puis, j’ai trouvé cette approche trop classique. Alors j’ai plutôt imaginé de commencer l’histoire après la fin. Ce qu’ils étaient devenus, leur statut, leur vie, ce qu’il restait de leur amour. Un enfant s’est imposé entre eux. L’idée de commencer le roman par une simple histoire de famille avec un enfant qui refuse la séparation de ses parents m’a séduit. Pour n’importe qui, sa fugue n’aurait pas entraîné beaucoup de problèmes. Mais ses parents, de par leur passé, ne sont pas n’importe qui, et lui non plus.


Qu’est ce qui t’inspire, aujourd’hui ?

Le quotidien principalement. Beaucoup des relations humaines de mon livre ont source dans ma propre vie. J’ai une amie particulièrement chère à mon cœur que je n’ai pas vu depuis 8 ans alors que la région de Béziers n’est pas si loin. Ce n’est pas de l’indifférence, ni de la fainéantise, plutôt des concours de circonstances. Mon amitié pour elle n’a pas pris une ride et pour elle non plus. J’ai refusé d’aller à Saint-Malo pour la sortie de mon premier tome alors que j’adore son salon (et que j’aurai pu enfin produire quelque chose de nouveau !) parce que cette amie se marie. Je suis son Anha, elle est ma Naslie, elle m’appelle et j’accours.

La moindre petite particularité dans une émission ou dans la rue peut aussi attirer mon attention et nourrir mon imaginaire. Pour citer un exemple : sur le quai d’une gare en Inde, j’ai vu un pèlerin avec un sarong noir noué à la taille comme unique vêtement, son front buriné portait un rond rouge, souligné d’un gros trait blanc et souligné à son tour par un fin liseré doré. Malgré toute sa crasse, il était majestueux et magnifique : Yshem devait lui ressembler dans sa prestance, les maquillages de mes guerriers de l’Acier viennent de cet homme.

Est-ce que, par hasard, la richesse de l’écosystème de ton nouveau monde a un lien avec ton passé de biologiste ?

Ah ben oui ! J’ai inventé toute une faune et un contexte de changement de climat exprès pour utiliser mes connaissances, et faire enfin un lien entre mon passif de biologiste et mon présent d’écrivain de Fantasy. Mais je n’ai pas réussi autant que je l’aurai voulu : il n’y a qu’une espèce de grenouille dans mon roman. [ndlr: Magali a réalisé une thèse sur les grenouilles…] Trop empreinte de réalité, même dans un monde imaginaire, je ne pouvais pas faire une faune de batraciens démentielle alors que les grenouilles n’aiment pas le sel !

altSi tu devais faire un lien entre Éternité et Leïlan, quel serait-il ?

Ni l’un ni l’autre ne se situe sur une autre planète de façon explicite. Ces deux mondes peuvent très bien être dans le nôtre à une époque plus reculée, et surtout, j’ai souvent imaginé que Terre de Sel se situait proche des Pays Noirs, dans les Mondes du Sud (Leïlan est un pays des Mondes de l’Est). Je n’ai jamais dit le nom exact du pays dans lequel Eléa avait fait fabriquer son épée, cela aurait pu être sur le continent des Alizées, pas très loin de Terre de Sel. Il y a des dieux particuliers, ce qui ne rentre pas en confit avec la structure de Mondes que j’avais fait dans Leïlan, et un rythme de prise de contact avec les humains réguliers. (Cette fois, c’est 500 ans, mais je ne l’ai pas fait exprès).

Une autre similitude que j’ai remarquée après coup : mon luminis lit les esprits un peu comme les Scylès. Je dois aimer cette idée. J’ai une autre idée de roman avec une bestiole similaire, je ne vais l’écrire tout de suite ou je vais me faire taxer d’obsession. 🙂

Et, à l’inverse, y a-t-il quelque chose de considérablement différent par rapport à ta dernière trilogie ?

La Magie. Il y avait quelque petites pointes de merveilleux dans Leïlan, mais le quotidien des personnages était très « normal » et médiéval. L’ambiance de Terre de Sel est aux mille et unes nuits et est structuré par la Magie, celle-ci est partout, et le personnage de Naslie la diffuse en permanence.

Ensuite l’atmosphère est différente, plus mélancolique, torturée et sombre dans Éternité. Mes personnages ont des défauts, des faiblesses, des folies, des obsessions. J’ai de très jeunes lecteurs pour Leïlan, je n’ai pas très envie qu’ils lisent tout de suite Éternité. J’ai écrit certaines scènes du tome 2 avec mon fils alors âgé de huit ans sur le canapé à côté de moi. Les rares fois où je l’imaginais à la place de mon personnage Jelis, je me disais que je n’étais pas saine d’esprit.

Maintenant que le premier volume est sorti, que peux-tu nous dire sur la suite ? Et d’une manière générale, as-tu d’autres projets ?

Je pourrai dire que l’amour est la faiblesse des plus forts; Naslie, Yshem, Nel et Anha l’apprendront à leurs dépens. Jelis ne va pas tomber dans les mains du Majeur tout de suite, mais il va hélas quitter l’enfance très vite. J’espère que chaque lecteur se posera la question de savoir ce que lui donnerait aux dieux en échange de la magie s’il n’avait pas le choix d’être sorcier…

Pour mes autres projets… J’ai toujours manqué de temps, pas d’idées. Maintenant que mes trois chatons vont à l’école et que j’arrive enfin à gérer ma vie, je vais pouvoir passer à des choses sérieuses : j’aimerais revenir sur un texte écrit il y a longtemps, qui me plaît beaucoup mais qui est trop petit ; faire un roman jeunesse de SF que je promets depuis plus de dix ans et faire un roman plus personnel (et qui restera familial) sur les souvenirs de mon grand-père. Après, eh bien on verra, je n’ai plus envie de laisser la vie m’imposer encore des pauses.

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Le Prix d’Alaya (Étérnité #1) est disponible en librairie depuis le 25 mai.

Une réflexion au sujet de « Magali Ségura nous parle d’Éternité »

  1. HAAAAAARG je viens de le finir, une seule question s’impose à moi… il sort quand le tome 2 ??????
    je veux la suite pitié 😉

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